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5 conseils pour devenir analyste politique

30 juin 2016

Vous voulez devenir analyste politique ? Gaspard Estrada, directeur exécutif de l’Observatoire Politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC), spécialiste du Mexique et du Brésil, donne 5 conseils pour faire ce métier. Formation, comportement à avoir, profil, il dit tout.
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1. Être curieux

« Ce qu’il faut, c’est être curieux. Il faut avoir envie de découvrir tant soi-même que les autres, ne pas avoir peur justement de s’enrichir des autres. Et en ce qui concerne l’analyse politique, c’est justement lire. Lire beaucoup sur l’histoire, sur l’actualité également et ne pas avoir peur de discuter avec l’autre, même si cette personne vient d’un autre bord politique. Ce qui est important c’est justement de connaître, et de cette manière, s’enrichir pour pouvoir approfondir son analyse. Dans le métier d’analyste politique, on essaie de regarder à froid les éléments politiques, de dresser un portrait, une analyse. Mais pour pouvoir avoir cette précision analytique, il faut avoir un regard froid, un regard distancé. C’est très important dans ce métier. »

2. Prendre conscience de la diversité de ce métier

« En France, c’est un métier qui peut être difficile à y accéder, dans le sens où il n’y a pas de concours pour être analyste politique. Il peut être fait dans plein de secteurs même s’il ne porte pas le titre exact d’analyste politique. Je pense que les personnes qui travaillent dans la diplomatie font de l’analyse politique. Les personnes qui travaillent dans le monde de la recherche le font aussi mais d’une manière différente. Ce qui serait le plus simple, le plus aisé, pour les personnes qui souhaitent faire ce métier, c’est de postuler aux concours administratifs. Cela les sécurisera sur le plan de l’emploi en ayant un salaire fixe. Et cela leur donnera une légitimité pour conduire ces missions. Après, faire l’analyse politique avec ce caractère médiatique, qui est un peu ce que je fais, c’est vrai que c’est un peu plus compliqué. Il n’y a pas de procédure spécifique, en tout cas pas dans le sens français du terme. Mais ce n’est pas impossible. Si les personnes veulent réellement mener à bien cette mission, il faut être très passionné. »

3. Passer des concours administratifs

« C’est vraiment très important de rentrer dans la case et de pouvoir passer ces concours administratifs pour avoir la tranquillité, pour mener à bien sa mission. L’analyse politique peut se mener dans différents lieux, ce n’est pas parce que, dans l’intitulé du poste, il n’y a pas « analyste politique » que cela ne se fait pas. Je pense à des organisations comme l’Agence française de développement. Il y a aussi des éléments d’analyse politique lorsqu’on mène à bien des études de projet. In fine, c’est un métier qui se retrouve dans un très grand nombre de secteurs. Il ne faut pas se dédier exclusivement à cette question-là. »

4. Faire des stages dans des administrations / ambassades

« Si l’objectif est de faire de l’analyse politique dans la fonction publique, il est important de pouvoir faire des stages dans des administrations centrales ou ambassades. C’est essentiellement ça qui est produit par les conseillers politiques, les secrétaires dans les ambassades : de l’analyse politique de la situation dans ces pays.  »

5. Faire une thèse / un mémoire

« Si, à l’inverse, on veut faire des analyses plus approfondies, qui prennent une dimension beaucoup plus importante, il faut penser à faire une thèse, un doctorat, ou au moins un mémoire de master pour viser les emplois de la recherche. Pour la recherche, il faut être très persévérant car la véritable insertion dans le monde du travail se fait véritablement après la thèse ou doctorat, et non pas avant. Il faut bien l’avoir à l’esprit lorsqu’on s’inscrit en thèse. Qu’est-ce qu’on veut faire ? Être plutôt fonctionnaire dans l’administration ou être universitaire ? C’est cela qui conduira l’étudiant ou l’étudiante à choisir son stage. »

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Interview : Valentin Chatelier
Réalisation / montage: Maxime Le Goff / Fabien Chatelier

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