lundi , 27 février 2017

DERNIERS ARTICLES

« Hillary Clinton part en campagne »

15 avril 2015

Ce n’est pas nouveau, Hillary Clinton rêve depuis toujours d’être élue la première présidente des Etats-Unis d’Amérique. En officialisant sa campagne dimanche, elle s’approche un peu plus de son objectif. Retour avec la plume de Camille Evangelista sur 22 ans de bataille politique.

hillary clinton présidenteCertains droits réservés par Mike Mozart
.
 
Ecrit par
Camille Evangelista
miniature camille evangelista

zzz

 

.
Etudiante en journalisme à l’IEJ Paris, blogueuse passionnée par la politique et la société.

 

Hillary Clinton, ne vous y fiez pas, est une véritable lionne. Sa défaite inattendue contre ce jeune démocrate parachuté, un certain Barack Obama, elle l’a très mal vécue. Tous les jours, ou presque, elle enrageait dans ses bureaux du secrétariat d’Etat, attendant son heure. En 2012, elle pensait avoir une chance d’obliger le premier président noir des Etats-Unis d’Amérique à abdiquer après un mandat désastreux. Mais le tigre s’accroche. Elle doit donc encore attendre quatre années. On dit souvent que ce sont les derniers instants qui sont les plus longs. Et c’est vrai que pendant quatre ans, Hillary Clinton n’a pas cessé de peaufiner son plan d’attaque. Dans leur maison de Little Rock, elle a écoute –ou pas- son mari la conseiller sur la méthode à adopter.

Il faut dire que Bill Clinton sait y faire avec la course à la Maison Blanche. Il l’a lui même emportée en 1993. Il avait pour lui le charisme, le sourire. A l’époque Hillary n’était que « la femme de ». Son mari n’hésite pourtant pas à l’impliquer dans ses tractations. Très vite, elle intègre le comité de conseillers chargés de travailler sur la réforme de santé. Celle-ci n’a malheureusement jamais vu le jour.

Ce qui pousse d’ailleurs Bill à confier au sujet de l’Obamacare « Je vais mener campagne pour son projet de loi […] Ce que je veux c’est que, une fois la loi applicable, le mérite revienne à Hillary, car cela fait vingt ans qu’elle y travaille et qu’elle connaît la marche à suivre ». Ce soutien de la part de Bill Clinton, certains disent pourtant qu’Hillary s’en passerait volontiers. Elle n’avait pas beaucoup apprécié cette remarque désobligeante de son mari qui lui préconisait une séance de botox avant de faire la course à la mandature.
Son physique, ce n’est pas sa qualité première. C’est d’ailleurs pour cela que la figure de proue du parti démocrate opte pour la discrétion dans son premier clip de campagne. Très remarquée, sa non-présence dans ce court film promotionnel fait le buzz en ce début de semaine. C’est aussi une de ses forces. Lorsqu’elle est secrétaire d’Etat pour l’administration Obama, Hillary Clinton se laisse volontairement marcher sur les pieds.

C’est le cas par exemple lorsqu’elle est jetée en pâture  aux journalistes qui viennent de découvrir que quatre ambassadeurs américains de Benghazi sont tués dans une attaque insurrectionnelle. Au courant des menaces qui pesait sur l’ambassade, Hillary a déclaré en avoir tenu informé le président, qui de toute évidence s’en fichait. N’empêche que c’est sur elle que sont tombées les critiques. Aujourd’hui encore, cette affaire entache sa réputation. Loin du cliché omni-présent du candidat à la présidentielle type, Hillary préfère laisser les spots à d’autres, mais assume parfaitement ses responsabilités.
.
HILLARY NE SE LAISSE PAS FAIREDès ses débuts sur les bancs de l’université, la jeune Hillary Rodham se met au service des masses. Au Wellesley College elle préside le Club des Jeunes Républicains après avoir fait campagne en 1964 pour Goldwater. C’est finalement John Fitzgerald Kennedy qui est élu. En 1972, elle change de camp et défend la candidature du démocrate George McGovern. Là aussi, c’est un échec. Mais Hillary ne se laisse pas faire. Elle intègre l’Université de droit Yale. C’est là qu’elle rencontre Bill Clinton. Là aussi qu’elle fait ses armes dans la politique avant de participer à l’équipe de travail qui met en place la mesure d’impeachment contre le président Nixon en 1974.

Après cela, la jeune femme se range aux côtés de son mari et part vivre avec lui dans l’Arkansas. Elle y construit sa vie de famille, élève sa fille, Chelsea. Sur ce point d’ailleurs, la fille de militaire qu’elle est, regrette les principes de l’éducation américaine et admire celle des Françaises. Et comme la classe politique française, la famille Clinton cache son argent. C’est sa seconde faiblesse. Entre les fonds suspects que récolte chaque année la fondation Clinton et les réponses snobinardes de l’ancienne première Dame, les Américains endettés ne se reconnaissent pas dans la figure de cette démocrate de 67 ans.

D’ailleurs, 67 ans, ça commence à faire vieux. Barack Obama, en plus de représenter la communauté noire, était un jeune et fringuant homme politique qui a usé et abusé de l’image d’une famille nucléaire parfaite. Mais Chelsea à l’âge de voter depuis bien longtemps. Et même si elle soutient sa famille, il est loin le temps où elle posait à côté d’eux dans ses couches ou encadrée de deux couettes de première de la classe. Surtout, depuis quelques années, Hillary Clinton perd la santé. Victime de malaises à plusieurs reprises, ses médecins souhaiteraient qu’elle se repose. Hors de question !

En attendant que Chelsea se lance en politique, il faut quelqu’un pour assurer le pouvoir au clan Clinton. C’est presque une tradition aux Etats-Unis. Même Barack Obama commence à rêver Michelle ou l’une de ses filles aux plus hautes fonctions. C’est même contre un autre clan, très puissant, que va se battre Hillary en 2016. Face à elle, Jed Bush, le frère de George, bien décider à ressusciter la longue lignée des présidents Bush. Son expérience qui devait être un atout se transforme presque en banalité dans ce bras de fer de professionnels.

Il faut donc se mettre à la page. Sa campagne 2.0 a débuté dès lors qu’Hillary a engagé Stephanie Hannon de chez Google ou même Facebook, pour mener sa campagne sur les réseaux sociaux. La preuve, le slogan de son clip de campagne a été repris immédiatement sur son compte Twitter. C’est aussi là qu’elle a annoncé sa demande officielle de publication de ses mails envoyés depuis sa boîte privée et qui font l’objet d’une enquête fédérale. Affaire à suivre.
.

__________twitter partagefacebook partage
.

ter

photo-04

scroll to top