lundi , 27 février 2017

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« Le nudge, une opportunité de repenser l’action publique »

17 avril 2015

« La méthode douce pour inspirer la bonne décision », voilà comment Richard Thaler et Cass Sunstein définissait le nudge dans leur livre. Le collectif #Autrement, nous livre aujourd’hui une analyse sur ce terme.
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Ecrit par
Le collectif #Autrement
collectif autrement

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Le collectif #Autrement rassemble des jeunes de tous horizons, engagés à gauche mais qui ne se sentent pas représentés par la politique traditionnelle.

 

En orientant les comportements individuels par la suggestion plutôt que par la contrainte réglementaire ou fiscale, le nudge constitue une opportunité de repenser complètement l’action publique et de la rendre plus efficace dans une période de disette budgétaire.

Peut-être connaissez-vous le coup de la mouche et de l’urinoir ? Le placement d’un autocollant dans les urinoirs des toilettes de l’aéroport de Schiphol à Amsterdam a permis d’en réduire les dépenses de nettoyage de 80%. Qu’est-ce que le « nudge » ? C’est une manière d’organiser l’environnement social de façon à modifier les comportements sans pour autant imposer de contrainte. Le nudge peut ainsi permettre, bien mieux qu’une campagne d’information du gouvernement, de modifier des routines et des habitudes qui induisent par exemple un coût supplémentaire pour soi et/ou pour la collectivité.
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OBAMA

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C’est d’abord l’économie comportementale américaine qui s’est intéressée à ce phénomène. En 2008, Cass Sunstein a ainsi publié son ouvrage « Nudge », qui a popularisé la discipline et suscité l’intérêt de nombreux leaders politiques. Car le nudge présente le potentiel de concevoir autrement l’action publique. Imaginez en effet que l’on puisse réduire le tabagisme ou la fraude fiscale sans engager davantage d’argent public, mais par les seules incitations comportementales.

C’est d’ailleurs le pari qu’ont fait Barack Obama dès 2009 et David Cameron en 2010 en confiant à des équipes de « nudge analysts » le soin d’analyser les conséquences de plusieurs politiques publiques en termes comportementaux. Et cela marche ! Au Royaume-Uni par exemple, l’introduction dans les lettres de relance du Trésor public d’une mention « Neuf contribuables sur dix ont payé leurs impôts en temps et en heure » a permis de réduire significativement les délais et le montant des impayés d’impôts, notamment pour les contribuables les plus favorisés. Introduire un élément de pression sociale permet donc d’orienter les comportements individuels dans un sens plus vertueux.
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Les applications potentielles sont légion. Qu’il s’agisse d’encourager le recours aux médicaments génériques, à diminuer le nombre d’accidents sur des sections routières dangereuses en générant une impression de vitesse chez l’automobiliste qui l’amène à freiner, ou encore d’inciter, non sans humour, à l’activité physique en empruntant à la sortie du métro l’escalier, dont les marches ont été transformées en touches de piano, plutôt que l’escalator adjacent. Le nudge fonctionne donc à l’incitation qui amène à adopter un comportement bénéfique pour soi, pour la collectivité et/ou pour la planète sans nécessairement avoir conscience du choix réalisé.

Il ne saurait toutefois se substituer aux formes plus traditionnelles d’action publique par la réglementation ou par la fiscalité. Il opère plutôt en complément pour la rendre plus efficace, ce qui n’est du reste pas inutile dans une période où l’argent public est rare et précieux. Mais le nudge soulève également des interrogations éthiques : quel équilibre entre paternalisme et liberté individuelle ? En réalité, le nudge, et c’est bien là son originalité, n’opère pas par la contrainte mais par la suggestion. En toute hypothèse, il n’exonère pas le politique d’une réflexion sur ce qui constitue un comportement conforme au bien commun. Si tant est que l’on s’y « penche », le nudge pourrait en tout cas bouleverser nos modes de gouvernement des sociétés.

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jeune francais et musulmanformation des avocatscharlie hebdo étudiants en journalisme

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