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Sélection en master 2 de droit : deux étudiants racontent

21 septembre 2015

TÉMOIGNAGES – Les études de droit sont généralement conclues par une période de sélection : l’entrée en Master 2. Redoutée et fantasmé par beaucoup, elle est surtout à préparer et à anticiper. Deux étudiants racontent leur parcours du combattant dans cette succession de CV, lettres de motivation et autres recrutements.
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Certains droits réservés par Camille Stromboni

ECRIT PAR
Quentin Chatelier & Cécile Noël
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miniature cécileblancblancAprès mon Bac ES, j’ai effectué une Licence de Droit à l’Université Paris Descartes. Je me suis ensuite orientée en droit social dès le Master 1, que je viens d’obtenir à l’Université Paris-Sud. Je suis rentrée cette année en Master 2 Juriste d’Entreprise spécialité Relations de Travail à Tours, en apprentissage.
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blancblancAprès 4 ans en centre de formation de football à essayer de devenir joueur professionnel, j’ai repris à plein temps mes études. Ayant obtenu un Bac ES au centre, je me suis alors inscrit en droit à la faculté Jean Monnet de Paris XI. Une licence de droit privé en 3 ans, puis un Master 1 spécialisé en droit social, toujours à Jean Monnet, dans l’idée de devenir avocat, spécialisé en droit du travail.
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;miniature cécileblancblancComme beaucoup d’étudiants, en Licence, je ne pensais pas trop à maximiser mes notes, et à tort. En effet, un dossier s’apprécie dans son ensemble et ne se limite pas à l’année de M1. Cette dernière reste tout de même la plus importante puisqu’à mon sens, c’est celle où l’on commence à se spécialiser en vue d’une professionnalisation et elle est, en théorie, la plus proche du M2 envisagé en termes de matières.

Pour ma part, mon expérience professionnelle a été déterminante dans la mesure où c’est ce qui m’a motivée à aller en Droit social. J’espérais pouvoir en faire un contrepoids face à certains résultats insuffisants. Aussi et surtout, j’ai tout fait pour obtenir les meilleures notes possibles dans les matières déterminantes pour le M2 que je souhaitais intégrer. Mon dossier était d’ailleurs assez déséquilibré sur ce point, avec d’excellentes notes dans ces matières, et des biens moins bonnes dans celles qui m’attiraient moins… Là encore, attention, le dossier est en principe regardé dans son ensemble et la moyenne générale compte beaucoup.
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blancblancJ’ai également effectué un stage de six semaines dans un cabinet d’avocats à la sortie du M1. Je pense que cela a été un élément déterminant dans ma sélection en Master 2 puisque cela ajoute une expérience pratique et une cohérence au dossier.

Pour ceux qui le peuvent, je leur conseille vivement d’effectuer au moins un stage en rapport avec la spécialité envisagée, même court. Pour certaines branches, le passage d’un examen d’évaluation de niveau d’anglais (TOEIC, TOEFL…) est un réel plus, pour ne pas dire indispensable dans certains cas. La vie associative, qu’il s’agisse d’associations caritatives ou universitaires, est également très appréciée des directeurs de Master. S’agissant des lettres de recommandation, j’en ai demandé à chaque fois que j’ai quitté un emploi ou un stage. Cela ne peut être que positif même si certains directeurs n’y accordent aucune importance.

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blancblancAu niveau des notes, je ne pense pas pouvoir dire que j’ai cherché à les maximiser d’une manière particulière. Pour tout dire, je n’avais même pas d’objectif précis en termes de résultats ou autre, juste une volonté d’avoir la mention Assez Bien qui est, à Jean Monnet, à 13 sur l’ensemble de l’année. Je m’étais fixé là-dessus plus par rapport au fait que tout le monde donnait cette fameuse mention comme un prérequis pour les M2 les plus sélectifs. C’était aussi une façon de me récompenser de toutes ces années à essayer de donner le maximum, mais ce n’était pas réellement réfléchi.

Comment je m’y suis pris ? C’est assez simple : j’ai bossé au maximum. Je m’étais dit que pendant 8/9 mois il fallait tout donner, faire vraiment le plus que je pouvais, et voir le résultat sans se mettre plus de pression que cela. Je pense que c’est la bonne technique, en fait. Ne pas trop réfléchir à un chiffre et s’imposer de faire le maximum pour avoir la moyenne la plus élevée. Ma recette perso était assez simple : bosser comme une brute les cours, essayer de faire le mieux possible à chaque rendu, chaque examen, et voir jusqu’où les notes pouvaient monter.
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Pour les expériences en dehors des cours, si on parle uniquement de l’année du M1, cela concerne surtout Regards d’Etudiants. Monter ce site et essayer d’en faire petit à petit un média qui a de l’impact pour les jeunes a pris beaucoup de temps et d’énergie, parfois en ayant l’impression que tout ça était fait en vain. Mais ce qui est sûr, c’est que je me suis toujours dit que cela resterait comme une très bonne expérience, et j’ai toujours été convaincu que cela apprenait beaucoup de choses à tous ceux qui prenaient part au projet.

J’avais fait deux stages en cabinet d’avocats pendant mes premières années de licence. C’est devenu assez banal, mais je pense quand même que c’est important quand on veut entrer dans un Master 2. J’ai senti que les directeurs portaient une attention particulière au nombre d’expériences dans le domaine juridique, pour confirmer une certaine connaissance du monde professionnel dans lequel on veut évoluer.

Après, pour être totalement honnête, à moins d’avoir vraiment une grosse grosse expérience ou une expérience qui sort vraiment du lot (type stage dans un cabinet avec une très grosse réputation), il n’est pas possible de faire la différence avec ces stages-là. Beaucoup d’étudiants en ont fait. Pour les directeurs de Master 2, cela ressemble plus à une validation d’acquis. Par exemple, dans tous les entretiens que j’ai passés, peu m’ont vraiment parlé des stages.

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;miniature cécileblancblancJ’ai envoyé ma candidature à une dizaine de masters, mais seuls cinq m’attiraient réellement. Selon les spécialités, la sélection est plus ou moins rude. Sauf avoir 16 de moyenne sur les quatre ans, il faut vraiment viser plusieurs formations ! J’ai choisi ces masters en fonction de plusieurs critères.

La réputation de la formation : elle est essentielle dans la mesure où l’on fait un M2 pour être recruté lorsque l’on en sort. Or, certains diplômes, sans être nécessairement mauvais, sont quasiment inconnus au bataillon des entreprises. Cela peut être une source de handicap par la suite face aux étudiants sortant de cursus plus reconnus.

La professionnalisation : je n’ai postulé que dans des masters professionnels. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui la distinction est minime entre pro/recherche et ne se joue qu’au niveau du stage/apprentissage ou du mémoire. La plupart des étudiants de M2 recherche ne vont pas en doctorat par la suite. Je privilégiais également l’apprentissage par rapport au stage.

Le nombre d’heures de cours : cela va du simple au double selon les masters ! Par principe, une formation dispensant 400 heures d’enseignements sera certainement plus complète qu’une autre avec 200 heures.

La localisation est souvent un critère pour les étudiants. Mais lorsque la discipline est très sélective, la mobilité est vraiment à envisager.
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blancblancJe visais 4 masters. Le Master 2 DPRT de Paris 2, celui de Montpellier et de Sceaux, et le Master 2 « Juriste de droit social » de Paris 1. Dès le début, mon premier choix était clairement le DPRT de Mr. Teyssié à Paris II. Je savais qu’il faisait autorité dans le domaine, et sa formule en apprentissage sur longue durée m’attirait aussi. Tout faisait que je n’avais qu’une seule envie : rejoindre ce master-là. Après, pour les autres, je m’étais dit que je verrai en fonction des réponses, sans savoir vraiment lequel je choisirai si j’avais plusieurs réponses positives.

Le choix des différents masters pour lesquels j’ai candidaté s’est fait finalement assez simplement et sur un critère majeur : la réputation de la formation. J’ai essayé de prendre des avis à droite à gauche, de demander à des professionnels, à des profs, à des anciens etc. Au final, les mêmes noms de M2 revenaient souvent, et c’est comme ça que j’ai choisi où j’enverrai mes dossiers.

Il y avait aussi un autre critère, qui était celui que je voulais absolument un M2 très axé pro, avec, dans l’idéal, de l’apprentissage ou des périodes longues de stage. J’en avais un peu marre en fin de M1 du « tout théorique », et j’avais envie de passer à une formation beaucoup plus professionnalisante. Les masters en alternance, surtout les DPRT, se sont vite imposés comme des premiers choix.
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Je n’ai candidaté qu’à 4 master. Je sais que cela paraît très peu. Beaucoup d’étudiants de mon master 1, ont candidaté à beaucoup plus de M2. Cela parait logique, pour être sûr d’avoir un M2 au bout du compte, même en cas de refus sur les premiers choix. Pour ma part, j’avais un raisonnement un peu différent : je me disais qu’avoir un M2 n’était pas une fin en soi, et que je préférais ne pas avoir de Master 2 et essayer d’enrichir mon expérience pro pour réessayer ma chance dans mes premiers choix plutôt que d’avoir un M2 que je ne voulais pas vraiment.

En fait, j’ai quelques potes qui n’ont pas eu de M2, et qui se sont lancés dans des stages de longue durée, souvent dans des cabinets à très bonne réputation. Ils les ont enchaînés pendant 1 an. Loin de les desservir, cela les a beaucoup aidés,et ils en ressortent ravis et très bien qualifiés. Donc franchement, avoir un M2 c’est très bien et très valorisé sur le marché du travail, mais ce n’est pas la fin du monde si on n’en a pas. Il vaut peut-être mieux éviter de faire une formation par défaut.
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Ayant eu plusieurs jobs pendant mes études, mon CV était déjà plutôt à jour. La première fois, j’avais recherché des modèles sur internet afin de trouver une forme assez originale et de l’adapter sans être extravagante. On peut tout autant faire un CV « basique » qui a l’avantage d’être clair et efficace. Mais je me dis qu’un directeur de Master comme un recruteur a une pile considérable de CV similaires au mien. Mieux vaut donc faire en sorte qu’il s’en souvienne (et en bien, c’est mieux !).

Attention à être honnête sur le niveau de langues, surtout si c’est un élément déterminant pour la formation envisagée. Des amis se sont faits surprendre sur ce point le jour de l’entretien, donc autant avoir été honnête dès le début sur son niveau. Avant d’envoyer mon CV, je l’ai fait relire par plusieurs personnes afin d’avoir des avis extérieurs et de corriger d’éventuelles erreurs de forme ou de fond.
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blancblancJe me suis débrouillée seule pour la préparation de mes dossiers. Et ce n’est vraiment pas une partie de plaisir ! Il faut être très vigilant car depuis quelques années, beaucoup d’Universités ont mis en place des sites de pré-candidatures avant l’envoi matériel du dossier. Or, la date de clôture des dossiers en ligne intervient parfois très tôt, avant même la fin des examens de M1. J’en ai raté quelques-unes à cause de cela. Mieux vaut s’y prendre le plus tôt possible pour ne pas être pris de court par le temps.

Généralement quand on a fait un dossier, les autres sont ensuite assez redondants, à l’exception de la lettre de motivation qu’il faut prendre le soin de personnaliser pour chaque formation (même si la structure reste la même). Il faut faire attention à s’appliquer et à ne surtout rien oublier : un document manquant et le dossier incomplet ne sera pas étudié. Les candidatures, en plus du temps conséquent qu’il faut y consacrer, constituent un réel budget : impressions, enveloppes, envois postaux et parfois, frais de candidature. D’où l’intérêt de ne pas envoyer des dossiers absolument partout !
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blancblancPour préparer mon dossier, j’avoue que je me suis préparé un petit peu « à l’arrache ». Je n’avais pas vraiment, au départ, pris conscience de l’importance de tout cela. J’en avais conscience, bien sûr, mais après le M1, j’étais un peu HS et pas vraiment prêt à repartir là-dedans. Du coup, je ne l’ai pas vraiment préparé et j’ai envoyé les dossiers un peu au dernier moment, sans vraiment prendre le temps de les préparer et d’analyser ce qu’il fallait dire, ne pas dire et comment le dire.

Je ne sais pas si c’est vraiment le bon plan, et peut être que cela a failli me coûter très cher. Même si, en soit, les dossiers que l’on envoie sont surtout administratifs avec des infos à remplir sur notre parcours, les bulletins de note à communiquer etc.

Ce qui est surtout important dans le dossier, à mon sens, c’est la lettre de motivation. Elle doit être une vrai plus. J’y ai passé beaucoup de temps, en essayant de réfléchir à la façon dont je pouvais présenter les choses pour faire sentir mon envie de faire un Master 2 sélectif, et la cohérence de mon projet professionnel.

Je me suis dit qu’il fallait être le plus clair et le plus concret possible, en essayant, à chaque fois que je disais quelque chose, de le prouver avec des faits sortis de mon CV. Je ne voulais pas tomber dans les grandes phrases un peu vides de sens et toutes faites, censées plaire à tout le monde. Tout le monde les utilise. Pour la préparation en elle-même, je l’ai faite relire, je l’ai beaucoup travaillée avec mon entourage pour la forme et l’orthographe. Ensuite, j’ai aussi beaucoup travaillé dessus avec ma copine qui venait elle-aussi de finir son M1 et avait des dossiers à rédiger pour son M2. C’est essentiel de faire ce type de lettre au maximum en collectif. Les regards d’autres personnes qui ne sont pas forcément dans la pression de la sélection sont très utiles et de très bon conseil.

Pour le CV, c’est un peu la même chose que pour la lettre de motivation. Une attention plus grande à la forme et au fond, de l’aide un peu partout pour faire le mieux possible, et une volonté de mettre du concret et des résultats dans mes différentes expériences pour prouver la qualité de mon dossier.

;miniature cécileblancblancLa sélection en M2, c’est un grand débat. Le gros problème, c’est que beaucoup d’étudiants se retrouvent avec un BAC+4 sans pouvoir terminer leurs études dans la spécialité envisagée. C’est d’autant plus grave qu’avec le système LMD, le Master 1 n’est pas reconnu en tant que tel. Et avec un niveau Licence, l’employabilité est très, très loin d’être la même.

A l’heure actuelle, je suis pour la sélection en M2 car c’est la seule année, à la fac, où on se trouve en petit comité et où les conditions d’études se rapprochent des écoles. Des promotions de 150 étudiants en Master entraîneraient nécessairement une dégradation de ces conditions d’études et surtout, une dévalorisation du diplôme. Il faudrait donc, à mon sens, autoriser les facs à sélectionner dès la L1. Les détracteurs de cette idée hurlent à la méritocratie puisque le BAC est le droit d’entrée dans les études supérieures. C’est vrai, mais auparavant, le BAC opérait la sélection. Aujourd’hui, avec un taux de réussite de plus de 87%, les facs n’ont plus du tout les moyens d’accueillir les masses d’étudiants dans de bonnes conditions et la sélection se répercute sur la fin du cursus.
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blancblancS’agissant de la sélection en elle-même, il est difficile d’évaluer sa pertinence puisqu’elle est particulièrement nébuleuse. Le dossier est censé être regardé dans son ensemble (notes, expériences professionnelles, activités extra-scolaires etc.) mais dans les filières très sélectives, les notes passent clairement avant tout. Là encore, vu le nombre considérable de candidatures que les directeurs de M2 reçoivent, je comprends qu’ils ne puissent pas faire autrement que mettre des critères drastiques pour faire un tri. Mais en tant qu’étudiant, on a un réel sentiment d’amertume quand on se fait recaler de formations avec un mail automatique sans même avoir eu l’occasion de se défendre en entretien.

Les notes sont évidemment cruciales pour pouvoir opérer la sélection, mais il faut bien comprendre qu’à la fac, elles veulent tout et rien dire : selon le professeur, le chargé d’enseignement, la matière, la fac… Un même étudiant pourra avoir une note allant du simple au quintuple. La personnalité n’est donc pas suffisamment prise en compte puisqu’elle ne peut être appréciée qu’en entretien, et trop peu d’étudiants y sont convoqués par rapport au nombre de candidatures.
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blancblancLe système dossier + CV est un incontournable pour les facs. Il y a tellement de dossiers qu’ils ne peuvent pas accueillir tout le monde en entretien. Le meilleur filtre possible reste quand même cela. Ce qui est compliqué, c’est que les dossiers peuvent ne pas refléter vraiment le profil du candidat, et qu’il est parfois un peu trop scolaire et centré sur les résultats universitaires. C’est logique d’un coté, vu que le Master 2 est la suite d’un parcours de 4 ans à la fac.

Mais un profil pour entrer dans ce type de formation est bien plus qu’un simple compilé de relevés de notes, et je ne sais pas si cette diversité des profils et des qualités ressort des dossiers que l’on envoie aux facs. En fait, je pense que cela peut entraîner un espèce de profil idéal cherché par tous les directeurs de M2 qui empêche l’originalité dans la sélection.

Après, les directeurs de M2 savent lire les dossiers et ont l’expérience de tout cela, donc quand on a affaire à un directeur qui veut faire de sa formation autre chose qu’une réunion de clones, c’est très bien ! C’est un peu toujours la même chose, tout dépend de la mentalité de la formation et de ses critères de sélection. Que ce soit un dossier ou autre chose, la qualité du processus de sélection ne dépend que de ça.

miniature cécileblancblancAu départ, je pensais faire une vraie préparation pour les entretiens et m’y entraîner. Et puis finalement, je me suis rendue compte qu’en faisant cela, je risquais de ne pas être spontanée du tout en donnant l’impression de réciter. Je m’étais donc contentée de noter sur une feuille les questions classiques : « présentez-vous, pourquoi cette formation, vos qualités/défauts, pourquoi vous et pas quelqu’un d’autre… ». J’avais ensuite noté quelques étapes ou éléments de réponse, mais sans plus d’entraînement.

Je pense qu’il faut préparer son entretien de façon à ne pas créer de situations de stress et être à l’aise. C’est personnel à chaque étudiant, et si on a besoin de tout noter pour se rassurer, alors il faut le faire. Pour ma part, comme je devais y aller en TGV, je me suis laissée plusieurs heures de battement pour être certaine de ne pas arriver en retard (et heureusement car il y en avait). Il faisait 35°C dehors, il fallait donc prévoir une tenue conventionnelle, mais confortable. Bref, il faut s’adapter et se mettre dans les meilleures conditions possibles.
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blancblancUne fois arrivée à la fac, j’ai été prise de suite en entretien : pas le temps de mariner dans son stress, on se jette dans le bain de suite. J’étais face à un jury de quatre personnes, c’était assez intimidant et c’était le but. On m’a demandé de me présenter, puis les questions se sont enchaînées. Le jury a clairement essayé de me déstabiliser en me contredisant, en soulignant des points négatifs (justifier une mauvaise note dans une matière qui n’a rien à voir avec la formation envisagée par exemple) etc. Je m’attendais à cela puisque c’est un moyen efficace de voir comment un étudiant est capable de rebondir. C’était stressant, mais il y avait quand même un certain échange qui était appréciable.

Je pense qu’une fois admissible en entretien, les candidats ont des chances égales et tout se joue sur leur personnalité ainsi que la cohérence de leur projet. Mon entretien a duré une bonne quinzaine de minutes mais je n’ai vraiment pas vu le temps passer. En sortant, impossible de savoir si cela c’était bien passé ou pas, le jury n’avait rien laissé transparaître. Au final, ma préparation m’a peu aidée puisqu’avec la pression, je n’y ai pas trop pensé.
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blancblancLa préparation de l’entretien est un vaste sujet. J’avoue que je n’avais jamais vraiment passé d’entretiens pour un emploi ou autre, donc c’était un peu stressant. L’idée de défendre son dossier, son projet, sa volonté d’entrer dans le M2, n’est pas forcément quelque chose d’évident. On se demande ce qu’on peut dire et surtout comment le dire.

Forcément, ces entretiens se préparent et on en fait toute une montagne, parfois pour pas grand-chose. Pour ma préparation, j’ai eu pas mal d’aide d’un proche qui avait fait passer beaucoup d’entretiens dans sa carrière et qui donc pouvait me guider et m’aider. On s’est vu plusieurs fois, en reprenant mon dossier et en le passant au crible dans l’objectif de pouvoir argumenter sur chaque point et défendre chaque faiblesse. Après, ce qui a été vraiment un plus, c’est le fait de faire des simulations avec lui. Le but était de me préparer aux questions un peu déstabilisantes, sur les points faibles de mon dossier etc. Je pense vraiment que pour les « vrais » entretiens que j’ai passé, cela m’a servi, beaucoup servi même.
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blancblancPour les entretiens en eux-mêmes, je ne peux pas vraiment répondre en une seule fois, tellement ils ont été différents. J’en ai passé 4 au final, et à chaque fois j’en suis ressorti avec une impression différente. Je dirais que dans 2 entretiens, j’ai eu l’impression un peu désagréable que le choix était fait avant, et qu’au final, on portait très peu d’attention à ce que je pouvais dire ou argumenter.

Entre un où on m’a plus parlé de mes vacances et du sport que je pratiquais et un autre qui a duré moins de 5 minutes montre en main, dans lequel j’avais l’impression que le directeur n’avait même pas lu mon dossier, j’étais un peu déçu. Honnêtement, il faut s’attendre à un peu de frustration dans ces entretiens, on a souvent l’impression de ne pas pouvoir défendre son profil et d’être jugé à l’avance sur un dossier qui ne représente pas forcément ce que l’on est. Il ne faut surtout pas se décourager, ce qui a été un peu mon cas à un moment quand on ne me posait aucune question sur les stages que j’avais fait. En soi et après coup, je me suis dit que cela voulait dire qu’ils n’avaient pas trouvé ce qu’ils attendaient dans mon dossier. C’est sans doute mieux comme ça.
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blancblancPour les deux autres, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir un moment d’échange sur mon dossier. Vraiment l’occasion de défendre mon projet et mes ambitions. Avec celui qui est maintenant mon directeur de master, ce n’était pas un moment facile. Il a eu beaucoup beaucoup d’exigences et de questions. L’idée était vraiment de nous mettre face à nos contradictions et nos faiblesses, pour voir comment on allait réagir. Mais on sentait au moins une envie de comprendre chaque dossier, de pouvoir donner à chacun la chance de renverser les a priori et démontrer que son projet était meilleur que les autres. J’ai beaucoup aimé cette mentalité et cet exercice, et je pense que quand la sélection est abordée de cette manière, l’entretien à un véritable intérêt et permet de donner à chacun la possibilité d’entrer dans le formation.

La seule chose que l’on peut retenir de tout cela, c’est que dans les formations qui valent vraiment le coup, on a notre chance à l’entretien. Il n’y aura aucun cadeau de fait et tous les sujets un peu sensibles du dossier seront abordés, mais au final c’est beaucoup mieux comme cela. Et surtout beaucoup mieux que d’avoir l’impression d’être évalué sur des critères un peu mystérieux, voire assez éloignés des critères que l’on pourrait attendre d’une formation en bac +5.


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miniature cécileblancblancC’est toujours bénéfique de passer un entretien, dans le sens où cela constitue un entraînement pour la suite. On apprend à gérer son stress, à savoir rebondir sur des questions inconfortables, à savoir mettre ses qualités en avant etc. Même un entretien qui se passe mal reste bénéfique, pas pour le moral, mais pour la suite !
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blancblancPour les entretiens qui ont été de vrais entretiens, je pense vraiment que j’en ressors plus armé pour appréhender un entretien d’embauche pour un poste de juriste ou d’avocat, ou même plus armé pour défendre un dossier devant un client ou un juge. Clairement, c’était une vraie expérience de se retrouver face à deux « pontes » de la matière, de devoir leur expliquer pourquoi je devrais les intéresser pour suivre leur formation. Cela permet de comprendre qu’il ne faut pas avoir peur de défendre ses acquis, en prouvant la valeur que l’on a retiré de tout cela. Cela permet aussi de savoir parler de ses projets, de ses ambitions, des moyens que l’on va mettre en place pour les réaliser etc. Ce qui est loin d’être naturel, et très difficile à faire.

Cela ne sert à rien de s’inventer des vies et d’essayer de monter des plans pour cacher certaines faiblesses de notre dossier ou de notre parcours. Dans les formations qui accordent vraiment de l’importance à votre profil, vous êtes clairement face à vous-même et les petits arrangements avec la vérité qu’on peut essayer de mettre en place sont vite démasqués. Je prends un petit exemple, j’avais un niveau d’anglais très très insuffisant pour espérer entrer dans la formation que je voulais. J’ai fait le choix de ne pas le cacher et d’essayer de le défendre et de montrer mes efforts pour m’améliorer. Je me suis fais secouer, ce n’était pas facile voire même carrément déstabilisant.

Mais au final je me dis que les directeurs ont sans doute apprécié la franchise et la prise de conscience de mes faiblesses. Je ne suis pas sûr que m’inventer un niveau que je n’avais pas aurait été plus efficace. Je pense que les entretiens sont vraiment le révélateur que la sincérité et la volonté dans la démarche sont assez payants, avec les personnes qui y prêtent de l’attention.
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Les résultats sont arrivés très rapidement, à peine 48h après l’entretien. Mais j’étais vraiment très stressée car je n’étais convoquée qu’à deux entretiens et je voulais absolument cette formation. Les enjeux importants font que l’on peut tout remettre en question en fonction du verdict. La patience n’étant pas une de mes qualités, je ne tenais pas en place durant l’attente !

Et j’ai été admise ! Le soulagement a été énorme, les décibels ont été du même niveau que lorsque j’avais reçu mon avis favorable au permis de conduire. J’ai de suite postulé pour des contrats d’apprentissage à Paris et ai enchaîné les entretiens dans la foulée. Ils se sont tous très bien passés et cette fois-ci, c’est moi qui ai eu le choix.

Je serai donc en apprentissage en tant que juriste pendant un an chez le Groupe La Poste. Je suis aussi très heureuse d’avoir pu quitter mon petit boulot pour enfin travailler dans ma branche. Après le parcours du combattant pour en arriver là, c’était un petit regain de confiance en moi qui m’a fait beaucoup de bien. J’ai également trouvé un logement en colocation à Tours pour l’année à venir, le Master se déroulant 15 jours à l’Université et 15 jours en entreprise. Je n’ai malheureusement pas pu relâcher la pression après cette année intensive puisque j’ai passé les examens d’entrée à l’école du barreau en septembre. Mais je me le suis promis, l’année prochaine, la seule chose que j’organiserai pour cette période, ce sera enfin de longues vacances !

Si je devais changer quelque chose, j’aurais certainement travaillé davantage mes « petites matières » à la fac qui ont eu tendance à faire baisser ma moyenne. Mais avec des « si », on peut refaire le monde alors je préfère me concentrer sur la suite.
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blancblancL’attente des résultats ? Cela concerne surtout le Master 2 de Paris 2, vu que pour les autres je n’ai pas vraiment eu les réponses avant. Mon entretien était le jeudi, du coup les listes étaient donnés le samedi matin, avec une liste d’attente. Pour tout avouer, je n’avais pas vraiment d’espoir d’être pris, donc je ne stressais pas trop, et j’attendais plutôt la réponse d’autres masters en espérant être pris et pouvoir arrêter de stresser sur ce que je ferai l’année prochaine.

Le vrai stress a commencé quand j’ai vu les résultats et que j’étais 4ème sur la liste d’attente. J’étais entre la joie de me dire que je pouvais potentiellement être pris, l’étonnement de ce résultat, et la frustration de me dire que je pouvais passer si près de ce pour quoi j’avais bossé pendant 4 ans. C’était un peu agité dans ma tête, surtout quand j’ai appris deux heures après que 2 personnes s’étaient déjà désistés, et sans doute une troisième. En général, il y a entre 3 et 4 désistements. Franchement, je pense que je ne me suis jamais autant posé de questions que ce week-end-là. Le lundi matin, j’ai reçu un coup de fil vers 9h pour me dire que j’étais pris, et que je devais venir pour un entretien dans l’après midi avec le directeur du M2 pour parler du mémoire, de la formation etc.

Tout s’enchaînait super vite, et je me rendais compte que j’avais la formation que je voulais vraiment, que j’étais vraiment mais vraiment ravi et soulagé. Tout cela se termine bien, ce n’est vraiment pas facile à gérer et c’est super long. Mais je pense qu’avec un peu d’envie, tout le monde arrive plus ou moins à avoir ce qu’il veut. Et surtout, la sélection est en soi assez juste.

Maintenant, j’ai un Master 2 à faire, l’apprentissage en cabinet, entrer dans la vie professionnelle, rédiger le mémoire, etc. Que des bonnes choses. Si je devais changer quelque chose dans tout cela, je ne changerai rien du tout. Je pense avoir choisi une formation qui me convient, et c’est très bien comme cela.

 

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