lundi , 27 février 2017

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La Justice face à l’indéfendable

11 mai 2016
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Le 20 avril dernier, Anders Breivik, le « terroriste d’Utoya » qui a fait 77 morts en 2011, gagnait son procès contre l’État norvégien, pour « traitement inhumain » durant sa détention. En mars, Salah Abdeslam a été arrêté. Ces nouvelles remettent sur le devant de la scène une interrogation classique : « Comment la justice doit-elle fonctionner face à l’indéfendable ? »

« Comment fais-tu pour défendre ces personnes ? ». Cette question, tous les avocats pénalistes ont déjà dû y faire face, que ce soit en privé ou devant les médias. Loin d’être une évidence pour le commun des mortels, la Justice doit s’organiser quand elle est confrontée à des actes criminels qui dépassent l’entendement et qui risquent de remettre en cause les principes qu’elle applique au jour le jour.

Actes de pédophilie, attentats, violences démesurées : la pression populaire est toujours forte quand il s’agit de défendre ou de juger des criminels qui ont commis l’irréparable, qui s’apparente souvent à l’indéfendable. Malgré cela, juges et avocats doivent garder du recul pour pouvoir donner justice à ces hommes et femmes qui ont déchiré le contrat social. Pour eux, impossible de perdre leur sang-froid. La justice est condamnée à faire son travail, même lorsqu’elle semble impuissante.

Pour l’avocat, défendre son client devient une épreuve autrement plus difficile, plus sujette à hésitations et critiques de la part d’une société ne comprenant pas son combat. Pour le juge, la difficulté de prononcer une peine prend tout son sens, quand l’affect et l’émotion sont susceptibles de l’envahir. Pour le journaliste, comprendre et chercher à analyser le phénomène criminel dans toute sa complexité n’est pas une mince affaire.

Cette question de « l’indéfendable » revient au cœur de l’actualité aujourd’hui après les différents attentats qui ont frappé l’Europe. Regards d’Étudiants et Le Petit Juriste ont réuni des acteurs de la justice pénale, pour qu’ils nous livrent leurs ressentis et nous expliquent comment la justice fonctionne quand elle est confrontée au pire. Voilà un retour un vidéo.

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LES INTERVENANTS

Christian Saint-Palais est un ténor du barreau, avocat pénaliste de renom depuis 23 ans. Ancien secrétaire de la conférence et associé de Jean-Yves Leborgne, il a pris part à des procès médiatiques comme celui du Médiator ou de l’Erika. Il est également un habitué des cours d’assises, et a récemment défendu des personnes soupçonnées d’avoir commis des actes de terrorisme.

Charles Prats est magistrat pénaliste depuis plus de 10 ans, que ce soit en tant que magistrat ou en tant qu’inspecteur des douanes. Il est aujourd’hui vice-président placé auprès du Premier Président de la cour d’appel de Paris, après avoir été juge d’instruction durant de nombreuses années. Il a également été directeur de session de formation continue à l’École Nationale de la Magistrature (ENM). Durant sa carrière, Charles Prats a régulièrement été amené à siéger en cour d’assises, et connaît donc très bien les arcanes de la justice française.

Eric Morain est avocat pénaliste français depuis plus de 20 ans. Débutant comme collaborateur puis très vite associé chez une des grandes figures des avocats pénalistes, Jean-Marc Varaut, il est aujourd’hui avocat associé au sein du réseau Carlara International. Il est un habitué des cours d’assises et des tribunaux correctionnels.

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Organisation de l’événement : Yaëlle Reynaud, Marion Barthélemy, Guy Bescond, Quentin Chatelier
Animation : Laura Lizé (Le Petit Juriste)
Vidéo : Maxime Le Goff, Fabien Chatelier, Valentin Chatelier
Photo : Maxime Le Goff

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